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Hernies Discales

Introduction :

Les troubles neurologiques se manifestent le plus souvent chez le chien par de la douleur, des difficultés locomotrices voir la paralysie de certains membres. On trouve plusieurs causes de compression médullaire dont les plus fréquentes sont la hernie discale, la fracture vertébrale et la tumeur vertébrale. Le diagnostic différentiel entre ces affections ne pourra être fait qu’après des examens d’imagerie (radiographies, myélographie, scanner) et/ou une intervention chirurgicale.

Physiopathologie :

Entre chaque vertèbre (os de la colonne), se trouve un disque intervertébral. Ce disque est composé d’un tissu mou, appelé fibrocartilage, qui permet le mouvement et agit comme un absorbeur de choc. Avec l’âge, ces disques peuvent se détériorer et du matériel discal peut alors migrer dans le canal médullaire. Cette migration pourra entrainer de l’inflammation, des hémorragies et une compression de la moelle épinière, ce qui provoquera les symptômes neurologiques d’intensité variable. On parle de hernie discale.

Hernie 21
hernie 12

Certaines races sont prédisposées du fait de la conformation de leurs vertèbres, notamment les Teckels, les Pékinois, les Cockers et les Bouledogues français. La détérioration est accélérée chez ces chiens et de jeunes adultes peuvent alors présenter des signes neurologiques. Le site préférentiel de compression médullaire est la jonction entre les vertèbres thoraciques et lombaires.

races 12

Il existe plusieurs types de dégénérescence du disque intervertébral :

* La hernie discale de type I touche préférentiellement les chiens de petite taille ou chondrodystrophique, âgés de trois à neuf ans. L’intérieur du disque intervertébral, le noyau pulpeux, se rigidifie et migre dans le canal médullaire provoquant une hernie massive généralement brutale. Cette hernie discale peut survenir à l’occasion d’un léger traumatisme, ou même parfois, d’un mouvement normal. On note deux mécanismes principaux souvent associés : le phénomène de masse provoquant une compression de la moelle épinière et un phénomène explosif, entraînant des lésions vasculaires de la moelle épinière et des phénomènes de nécrose.

* La hernie discale de type II touche préférentiellement des chiens de grand format, entre quatre et neuf ans. La dégradation du disque est lente et progressive et provoquera une hernie en dôme. Les symptômes peuvent donc évoluer pendant plusieurs semaines et être confondus avec de l’arthrose vertébrale.

* La hernie discale de type III où la sortie du disque se produit à grande vitesse provoquant de graves dégâts malgré un volume de hernie discale souvent faible.

La localisation de la compression médullaire est essentielle au diagnostic et surtout pour la suite du traitement. Ainsi une compression touchant les vertèbres cervicales pourra provoquer des symptômes sur les quatre membres, alors qu’une compression sur les vertèbres thoraciques ou lombaires ne se répercutera que sur les membres postérieurs. Le canal médullaire étant plus large sur la portion cervicale du rachis, les symptômes neurologiques seront moins marqués que sur une atteinte thoraco-lombaire. On observera souvent uniquement de la douleur (dos voussé, mobilisation du cou plus difficile) alors qu’une compression plus basse engendrera des déficits moteurs dans la plupart des cas. La compression de la moelle épinière en région lombosacrée est appelée syndrome de la queue de cheval, elle équivaut en quelque sorte à la sciatique chez l’homme, et provoque essentiellement de la douleur, des réticences à se déplacer et en particulier lors de sauts.

Présentation et Stades cliniques :

Une hernie discale pourra être aiguë ou chronique. Dans le cas d’une hernie discale aiguë les symptômes apparaitront brutalement, souvent associés à de la douleur. Une intervention chirurgicale sera effectuée rapidement afin de retirer le matériel discal et de décomprimer la moelle épinière. Le chirurgien ne pourra cependant pas agir sur les lésions à l’intérieur de la moelle. Une hernie discale chronique mettra plusieurs semaines à se mettre en place, avec une protrusion progressive du disque. Ce type de hernie est donc peu génératrice de douleur. Son retrait est cependant plus difficile pour le chirurgien.

Il existe différents stades de gravité pour les hernies discales nous permettant déterminer le grade de compression de la moelle épinière, ainsi que le pronostic :

- Hernie discale de Stade 1  : Douleur uniquement. Le chien peut présenter une démarche raide, avec le dos voussé ou la tête basse. Un traitement médical peut suffir. Cet épisode douloureux peut récidiver ou évoluer en trouble de la démarche voir une paralysie avec le temps. Le pronostic avec un traitement chirurgicale est très bon dans la plupart des cas avec environ 90% de succès au terme de 2 mois de convalescence.

- Hernie discale de Stade 2 : Animal parétique, ambulatoire, c’est-à-dire que votre animal se déplace mais avec une démarche chaloupé, ebrieuse (comme s’il était saoul).

- Hernie discale de Stade 3 : Animal parétique, non ambulatoire, c’est-à-dire que votre animal ne peut plus se déplacer tout seul, il se traine généralement sur ses pattes arrières, mais conserve des mouvements volontaires.

- Hernie discale de Stade 4 : Animal paralysé, non ambulatoire mais perçoit encore la sensibilité douloureuse profonde. C’est a dire que votre animal ne se déplace plus même avec de l’aide. Cependant il conserve une sensibilité dite profonde.

- Hernie discale de Stade 5 : Animal paralysé, non ambulatoire et a perdu la sensibilité douloureuse profonde. C’est a dire que votre animal ne se déplace plus même avec de l’aide. Il ne présente plus de sensibilité dite profonde (testée avec uné pince). Il est souvent incontinent.

Traitement chirurgical et localisation :

Le traitement de choix de la hernie discale est souvent une décompression chirurgicale. Pour cela, une localisation précise du site de compression est nécessaire. Le scanner et la myélographie sont les examens d’imagerie de choix pour cette localisation mais aussi pour affiner notre diagnostic, établir la nécessité d’une intervention chirurgicale ou non, et pour établir le nombre de sites de compression. Ses examens d’imagerie se déroule tous sous anesthésie générale.

- La myélographie consiste à réaliser plusieurs radiographies de la colonne vertébrale après injection d’un produit radiographiquement visible, dans l’espace sous arachnoïdien entourant la moelle épinière. Ceci permet de visualiser ses contours et de mettre en évidence le ou les sites de compression médullaire.

Myelographie

- Le scanner correspond à des radiographies en coupes très fines d’un segment du corps. Il permet de désuperposer les structures anatomiques et de latéraliser les compressions médullaires, ce qui se révèle très important en cas d’intervention chirurgicale. Dans certains cas, un myéloscanner peut s’avérer être nécessaire, on injectera alors du produit de contraste dans l’espace sous arachnoïdien (autour de la moelle épinière) avant de faire le scanner.

myeloscanner

Dans les cas peu symptomatiques (douleur uniquement) et en fonction des examen d’imagerie, un traitement médical faisant appel à des anti-inflammatoires et des antalgiques peut être mis en place.

En cas de déficits neurologiques moteurs ou sensitifs, ou en l’absence de résultat du traitement médical, le traitement chirurgical devient nécessaire. Il consiste à décomprimer les tissus nerveux et à retirer le matériel discal hernié. Une dégradation de l’état neurologique est fréquemment observée après une intervention chirurgicale sur la moelle épinière. Elle est souvent transitoire, mais dans certains cas, malgré le traitement chirurgical, certains patients ne récupèreront jamais leur motricité (Cf paragraphe pronostic).

Techniques chirurgicales :

Deux principales techniques seront réalisées selon la localisation de la compression médullaire :

* La corpectomie est principalement utilisée pour les hernies discales cervicales (le cou). On abordera le canal vertébral par voie ventrale, une fenêtre sera forée dans le corps des vertèbres encadrant le ou les sites de compression, afin d’atteindre la moelle épinière et de retirer le matériel comprimant la moelle épinière.

* L’hemilaminectomie et la laminectomie dorsale seront effectuées sur les hernies discales thoraciques, lombaires ou lombo-sacrées (le dos). On abordera le canal vertébral par voie dorso-latérale ou dorsale. Une partie (hémilaminectomie) ou la totalité (laminectomie) de la lame dorsale de la vertèbre est retirée afin de créer une fenêtre sur la moelle épinière.

hemilaminectomie

Pronostic :

Après ces interventions, le pronostic et les temps de récupération sont variables, ils dépendent principalement de l’intensité initiale des symptômes (Stade de la hernie) et du type de hernie. L’évolution définitive ne pourra être évaluée qu’au terme de plusieurs mois (deux mois minimum) après l’intervention chirurgicale.

Impact du stade clinique de la hernie discale sur le pronostic :

* Hernie discale de Stade 1 : Pronostic très bon, 90% de succès.

* Hernie discale de Stade 2 et 3 : Pronostic bon, 80 à 90% de succès.

* Hernie discale de Stade 4 : Pronostic réservé, 60 à 70% de succès. C’est-à-dire que 30 à 40 % des patients ne récupèrerons jamais de locomotion volontaire.

* Hernie discale de Stade 5 : Pronostic de 50% pour les animaux opérés rapidement après la survenue de la paralysie et la perte de sensibilité douloureuse profonde. Ce pronostic diminue avec le temps.

Impact du type de hernie discale sur le pronostic : A stade clinique égal, les hernies discales aiguës sont de meilleur pronostic que les hernies discales chroniques. En effet sur une hernie chronique, le matériel discal est souvent plus adhérant à la moelle épinière, il sera donc plus difficile à retirer. Les animaux seront souvent plus dégradés en post-opératoire. La moelle épinière s’atrophie lentement face aux compressions chroniques, certains dommages pourront donc rester irréversibles, malgré une intervention chirurgicale.

Complications :

Le risque anesthésique est à prendre en compte car même si nous tentons de le minimiser au maximum le risque zéro n’existe pas. Les complications sont globalement très rares, la principale complications est l’infection de la plaie. Dans certains cas, on peut observer le développement d’un sérome (poche de liquide sous la plaie), il se résorbera spontanément en 3 à 4 semaines dans la plupart des cas. Une dégradation transitoire de l’état neurologique après la chirurgie est parfois observée en particulier dans le cas de hernie discale chronique.

Post-opératoire :

Les animaux recevront pendant et après l’intervention chirurgicale des antalgiques, des anti-inflammatoires pour diminuer l’œdème médullaire et l’inflammation locale, et des antibiotiques. Un contrôle sera prévu à 7 jours post-opératoire pour contrôler la plaie, puis à 15 jours pour retirer les fils. Le chirurgien reverra votre animal au bout de 3 à 6 semaines pour réévaluer l’évolution de son état neurologique.

Le repos est primordial durant 2 mois, les sorties se limiteront à des sorties en laisse courte pour les besoins hygiéniques. Une rééducation passive pourra être nécessaire, et consistera à exercer des flexions et des extensions sur les articulations des membres atteints. Ces exercices permettront de limiter l’ankylose, et seront à réaliser plusieurs fois par jour, pendant 5 -15minutes de chaque côté. La rééducation se poursuivra par la reprise de la marche et pourra être complétée au besoin par de la physiothérapie ou d’autres techniques de rééducation.

Des mesures hygiéniques devront être mises en place. En effet certains animaux paralysés pourront présenter une incontinence urinaire et/ou fécale. Il faudra donc surveiller l’émission d’urine et de selles très régulièrement. Des sondages ou des vidanges par taxis (en appuyant sur le ventre) pourront être nécessaires dans les jours/semaines suivant la chirurgie. Dans ces cas là le développement d’une infection urinaire est fréquent.

On privilégiera un couchage épais et moelleux afin de prévenir les escarres et on changera l’animal de décubitus plusieurs fois par jour.

En cas de surpoids ou d’obésité, un régime pourra vous être conseillé afin d’accélérer la récupération.

Dans certains cas, la récupération est plus longue que prévue, voir absente, un harnais, une ou des bottines voir un chariot pourront alors être utilisés. Le harnais permettra de soutenir le poids du chien lors des sorties, les bottines de protéger les doigts des frottements. Le chariot permettra de soutenir le poids de l’animal tout en le stimulant à marcher grâce à ses antérieurs. Les chiens s’en accommodent généralement très bien et retrouve un confort de vie non négligeable.

Auteurs : Dr Lemoule & Dr Leperlier

 

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Pour des raisons sanitaires et pour le bien être de votre animal il est recommandé de le traiter contre les parasites digestifs tous les 6 mois.